Une ambassadrice pour les Pays de la Loire

Toute expérience est positive.

« Être à ma juste place, au bon moment, entourée de personnes bienveillantes : c'est le fil conducteur de ma vie. ». C’est ainsi que Valérie Guitet se résume en quelques mots. Depuis le mois de juin, elle a pris à bras le corps sa mission d’ambassadrice de Moi(s) sans tabac, le rendez-vous fixé en novembre à tous les fumeurs désireux d’en finir avec la cigarette.

Valérie Guitet ambassadrice Moi(s) Sans Tabac
Un défi collectif

Ce défi collectif s’inspire du dispositif Stoptober initié en Angleterre en 2012. Impulsé en France par l’Agence nationale de santé publique (ANSP), il s’inscrit dans le Programme National de Réduction du Tabagisme qui vise, à réduire de 10% le nombre de fumeurs quotidiens d’ici 2019.

Les Agences régionales de santé (ARS), pilotes du dispositif en région avec l’appui d’ambassadeurs Moi(s) sans tabac, sont largement mobilisées pour ce véritable problème de santé publique. En effet, le tabagisme quotidien concerne 28 % de la population française de 15 à 75 ans  (baromètre santé 2014) ; il responsable du décès d’un fumeur sur deux. Et il touche 25 % des Ligériens de la  même tranche d’âge, l’écart avec le niveau national se réduisant progressivement.  

En Pays de la Loire, cette campagne sera également relayée auprès des agents de l’ARS qui seront encouragés à participer à ce défi.

Arrêter ensemble

Si Moi(s) sans tabac a vu le jour, c’est certainement parce que 60% des fumeurs souhaitent mettre un terme à cette addiction mais que ce n’est pas si facile.  Alors, arrêter ensemble, en famille, entre collègues, c’est peut-être la solution. Rassembler les énergies, les bonnes pratiques, mieux se comprendre entre fumeurs et non-fumeurs, partager son expérience, s’encourager, pour qu’au final, la santé gagne au profit du tabac. C’est ça, l’objectif de Moi(s) sans tabac.

Pour la région des Pays de la Loire, Valérie Guitet, est chargée de déployer le dispositif depuis son arrivée à l’ANPAA des Pays de la Loire. Tout l’été, elle a contacté, relancé, mobilisé, les professionnels de santé, les organismes de formation, les entreprises, les services de santé au travail, les mutuelles, les  associations… pour créer l’émulation. A ce jour (ndlr : 12 septembre 2016), 240 organismes partenaires, soit 310 acteurs au total ont répondu à l’appel. Pour cette femme aguerrie aux opérations de santé publique, qui a travaillé 11 ans pour la Ligue contre le cancer, c’est plus qu’un objectif de travail.

« Une démarche citoyenne »

« J’ai débuté ma carrière avec les premières grandes campagnes de santé publique ; je considère ma mission comme une démarche citoyenne. ça a beaucoup de sens pour moi de concourir à une évolution favorable et positive de la santé ».

Pour sensibiliser le public, Valérie Guitet utilise « les mêmes armes que les cigarettiers. Alors qu’ils rendent la cigarette attractive, nous dénormalisons ce produit, nous le rendons transparent. ». C’est ce qu’on appelle le marketing social : une technique de communication favorisant un changement de comportement en matière de santé. Si les fumeurs revendiquent leur liberté, Valérie Guitet leur démontre qu’ils ont été influencés : « par le packaging, le placement produit » ; elle rappelle qu’une cigarette contient 4 000 substances destinées à les rendre « addict ». Dépendance, sevrage, Valérie Guitet parle aussi beaucoup des bénéfices à l’arrêt : « quand on arrête de fumer, on se libère ».

Trouver sa propre stratégie

Elle ne se veut surtout pas moralisatrice. « Moi-même, je ne suis pas parfaite ». Un point important sur lequel elle insiste lors de ses formations aux soignants prenant en charge des patients contraints au sevrage lors d’une hospitalisation : « ce n’est pas parce qu’un professionnel fume qu’il n’est pas en droit de l’aider à arrêter de fumer ».

Pour la première édition de Moi(s) sans tabac dans les Pays de la Loire, l’ambition est de faire connaître l’initiative au-delà des seuls acteurs de « santé » qui seront bien entendu sollicités pour relayer les messages. A travers les campagnes nationale et régionale, la population sera encouragée à participer, tant dans son milieu privé que professionnel. Deux autres éditions suivront en 2017 et 2018 pour fédérer encore plus largement.

Valérie Guitet caresse l’espoir que l’entourage des participants profite de Moi(s) sans tabac. Même en cas de reprise du tabagisme après le mois de novembre. « Toute expérience est positive. S’il y a eu une première tentative, il y en aura une seconde, et une troisième s’il le faut, jusqu’à trouver sa propre stratégie. Les enfants voyant leurs parents tenter d’arrêter, seront touchés eux aussi ».

Valérie Guitet est pleinement consciente que son combat est encore loin d’être gagné.

Texte et photographie de Charlotte Beaune. ARS des Pays de la Loire

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